Marie-Dorothée

de Croÿ (Princesse Mimi)

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Que dolor


J'avais un mari charmant,
Et trois bons, jolis amants,
Un parterre, si bien fleuri,
Où chante mon cœur et qui sourit.
Mais mon mari m'a abandonné,
Et mes amants, laissé tomber !

Que dolor, que dolor, que pena !
Que dolor, que dolor, que pena !


Alors j'ai pris un grand fusil,
Pour tuer d'abord le mari,
Puis les amants, oui, tous trois
Avant de le pointer sur moi.
Mais malgré ma profonde dépression,
Je reste femme, de la réflexion.

L'on dit que la vengeance est un plat,
Un plat qui se mange froid.
Alors chez Jules, à la grand'place
Je déguste, quatre bonnes glaces.
Le cœur au ventre, bien rafraîchi,
Mes projets deviennent, mieux réfléchis.

Que dolor, que dolor, que pena !
Que dolor, que dolor, que pena !


Une femme qui se rebelle
Allant du meurtre au suicide,
Doit pourtant, rester belle,
Ai-je pensé, enfin lucide.
C'est chez Antoine, le coiffeur
Que je me rends tout de suite,
Je lui raconte tous mes malheurs,
Pleurant sur ma vie détruite.
Sous le casque, mes idées bouillonnent,
Je lui dit : coiffe-moi comme une lionne,
Tu seras, dit-il, la plus belle,
Tu auras, des hommes, à la pelle.

Fini dolor, dolor et pena !
Pour la Bella, bella Dona.


D'un pas ferme, je me rends,
A la boutique de l'ami Jean.
J'arrache de tous les cintres,
Les défroques les plus hideuses,
Pour trouver tailles et teintes,
En bousculant la vendeuse,
Trouvant enfin, le vrai chic,
Parmi les plus élégantes nippes.

A l'heure où la foule est en crue,
Fièrement, j'arpente la ville.
Un opticien, qui a bonne vue,
Me rejoint vite, d'un bond agile.
Il fut mon deuxième mari,
Et mon parterre a refleuri.
Avec Jules, un nouvel amant,
Ainsi que le bel Antoine,
Sans compter, l'ami Jean,
Tous ayant passé la douane.

Adieu meurtre et suicide,
Ma vie restant, splendide.

Que bella, que bella la vita
Plus de dolor, plus de pena,
Con la luna llena
Pour la Bella, bella Dona.