Marie-Dorothée

de Croÿ (Princesse Mimi)

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Les textes qui suivent sont extraits d'archives, de témoignages d'amis, de journalistes
ou du livre autobiographique : "La Dame de Valotte"

La défiance du peuple vis-à-vis des élites a été l'un des leitmotivs des mouvements sociaux ; rien de très nouveau dans les périodes de difficultés économiques et sociales. Critiquer les élites n'a jamais rien résolu puisque ce sont toujours elles, en fin de compte qui dirigent les pays. Nombre de bons observateurs considèrent qu'il existe un problème de rapports entre la base et le sommet de la structure sociale.

On pourrait remonter loin : Tocqueville voyait l'une des causes de la Révolution Française dans le fait que la Noblesse avait abandonné aux fonctionnaires royaux ces tâches traditionnelles d'administration locale. Les privilèges qu'elle continuait d'exiger n'étaient plus justifiés par l'exercice effectif de ses responsabilités vis-à-vis de la population. L'éloignement, Versailles, "la fracture", déjà.

En remplaçant la Noblesse de sang par l'élite du diplôme, l'Etat n'a pas résolu la question de l'unité du corps social car la classe dirigeante fonctionne en circuit fermé. Rien ne l'illustre mieux que le recrutement des patrons des grandes entreprises : presque tous sont issus de grandes écoles. Il faut reconnaître que la méritocratie est l'une des valeurs les mieux partagées de notre société actuelle car elle marche avec l'égalitarisme et la laïcité. Entre ceux qui prennent l'avion chaque semaine et communiquent quotidiennement avec leurs collègues à l'autre bout du monde et ceux qui vivent au rythme de leur usine et de leur quartier, l'écart se creuse. Il est clair que certains bénéficient d'une mondialisation dont ils sont d'ailleurs les acteurs, tandis que d'autres en subissent passivement les conséquences négatives. Bruxelles n'est pas Versailles, mais considérons le précédent.

Que fait la Noblesse d'aujourd'hui dans tout cela ? Que fait la Princesse Mimi de Croÿ ?

Les anciennes familles ont cimenté de leurs actions et illustré de diverses façons dix siècles de notre histoire. Ce n'est pas une raison parce que ce monde là est fini et qu'un autre commence pour ne pas jeter un coup d'œil sagace et attendri sur tout ce qu'il fut, et ce qu'il a apporté de gloire solide à la Nation rapetissée par les événements modernes. Avoir résisté à tant de guerres et de mutations semble presque incompréhensible. En effet ces gens, nourris par leur vitalité, soutenus par leur fierté se sont toujours appliqués à maintenir leur lignée par des alliances heureuses et des épouses fécondes.

Les gens d'aujourd'hui s'intègrent le mieux qu'ils peuvent dans le monde nouveau et, s'ils n'y parviennent pas, disparaissent. Cette transformation du monde n'a rien d extraordinaire. Un exemple pris dans la préhistoire pour se rendre compte de la mutation des espèces. Quand les oeufs des grands sauriens servirent de nourriture aux tout petits mammifères, les grands sauriens disparurent et les mammifères grandirent.

Ainsi supprimée en tant que caste, la vieille Aristocratie n'est plus représentée que par des individus qui ont réussi à se maintenir grâce à des moyens opportuns ou par des qualités exceptionnelles en renonçant à rester figés dans leurs traditions et en se mêlant à tous les éléments de la vie nationale qu'ils enrichissent à leur façon. La télévision actuelle en est un brillant témoignage. Ainsi la vieille Aristocratie trouve le moyen d'exercer des dons véritables dans le domaine intellectuel, des Lettres, des Sciences, de la Communication et des Arts.

Chère Princesse Mimi et vous me permettrez de vous appeler de la sorte en raison de notre amitié déjà longue, la photo initiale de votre ouvrage affirme votre origine et c'est grâce à l'étoile que vous portez, qu'on vous découvre sur d'autres photos, soit en Lady-farmer, soit en musicienne moderne. Dans l'un et l'autre chemin, vous avez su si bien identifier le nom Croÿ dans ce que vous vouliez réaliser : être de votre temps. Ce n'est guère facile lorsque surgissent encore des préjugés basés sur des acquis anciens. Vous vous êtes dit souvent "bien faire et laisser braire", que vous avez eu raison ! On ne doit pas porter les cordons du poêle aux funérailles du passé.

Chanoine Pierre GREY du Chapitre d'Amiens, le 8 janvier 1996

Vous risquez de la croiser, arpentant les chemins de la verte campagne de Valotte, autour de son Manoir, en bottes et large pull tricoté mains en hiver, ou les pieds nus en été.

Amie des animaux et des artistes de tous poils, cette Princesse iconoclaste, ne jure que par la musique rock, qui la fait se déhancher dés que le premier riff retentit !

A l'écoute de tous, petits et grands, elle sait accueillir chacun avec convivialité et simplicité dans un cadre rustique dont elle a imaginé le moindre détail. On vient la rencontrer du monde entier, et son manoir est l'un des rares endroits où très vite se mélangent naturellement des gens de toute origine sociale ou professionnelle. Ils s'y sentent sûrement bien puisque qu'ils ne manquent jamais d'y revenir fidèlement.

Ses visiteurs, dont elle sait devenir rapidement la confidente, sont une source inépuisable d'inspiration pour écrire des poèmes ou des chansons, racontant des histoires pleines d'humour et de bon sens, agrémentées souvent de cris d'animaux…

Très fière de ses immémoriales racines, elle aime rappeler à l'occasion, que ses parents participèrent à la sauvegarde des habitants de Saint-Benin d'Azy, dont dépend le hameau de Valotte, d'un massacre collectif lorsque l'occupant allemand battit en retraite.

Marie-Dorothée de Croÿ, qui n'est pas à un paradoxe près, épousa pourtant Helmut, avant de se faire en tant qu'éleveur, un renom international.

Très peu savent qu'elle participa largement à la sélection et l'exportation de la race charolaise à l'étranger ! Et elle ne craignait pas grand monde, malgré son gabarit menu, juchée sur un tracteur, ou dans la conduite et le maniement des bêtes.

Après une vie professionnelle largement remplie, elle décida en 1981 de se consacrer enfin à sa vraie passion : la musique, et notamment la chanson et le Rock…

Paul de Haut



Du côté de Valotte, le rock de la Princesse

Lové dans un vallon des Amognes, le manoir de Valotte est l'antre idyllique d'une princesse atypique. Hôte de nombreux artistes, dont l'illustre Julian Lennon, Marie-Dorothée De Croÿ rythme sa vie en musique, exprimant tout son amour pour la nature et une humanité qu'elle voudrait – en tendre Candide – bien meilleure.

Ceux pour qui le titre de princesse rime obligatoirement avec luxe, marivaudage et paillettes peuvent passer leur chemin. Si elle demeure sentimentalement très attachée à ses nobles racines – avec notamment le souvenir ému de parents qui sauvèrent Saint-Benin d'Azy d'un massacre collectif lorsque l'occupant allemand battait la retraite - Marie-Dorothée De Croÿ cultive la simplicité, la fraternité et l'esprit… rock. Longtemps, sa frêle silhouette a arpenté les monts et les vaux de la campagne amognarde. Souliers crottés et paletot imprégné des effluves de l'étable, la princesse veille alors sur ses moutons et ses troupeaux de Charolais.
A dos de cheval ou juchée sur un tracteur, plusieurs décades durant, elle travaille la terre avec un amour inaltérable. Mais une autre passion habite depuis toujours celle qui aime à se faire appeler “ Princesse Mimi ” : la musique.

Et plus précisément le rock. Et quand on dit rock, cela va du folk de Joan Baez à la pop universelle des Beatles dont les mélodies toniques trottent dans la tête de la jeune femme au gré des tâches agricoles. En 1983, lorsque l'heure de la retraite sonne, elle a déjà fait savoir que son bucolique manoir de Valotte était ouvert aux artistes. Après le très avant-gardiste producteur Thomas Dolby , Princesse Mimi accueille ainsi une kyrielle de musiciens de tous horizons dont le plus illustre s'appelle Lennon, Julian de son prénom. Le fils du célèbrissime Beatle(s) vient précisément en 1983, composer et préparer son premier album, intitulé “ Valotte ”. Les jardins, prairies, salons et écuries (transformées en studio) verront ensuite défiler, entre autres, Ian Ackermann, Blues Trottoir, Noir Désir… Au contact de ce joli monde, le naturel poétique et artistique de Princesse Mimi s'épanouit totalement.

Encouragée et épaulée par quelques amis (Alban Bouquette, Luc Arteno, Linda Keel, Barbara Bô ou Frédéric Buchet), elle met alors en musique ses textes. S'en suivent alors deux CD : “ Pharélie ” et “ Poèmes accompagnés ”. Deux disques touchants, emplis de romances aussi ingénues que délicieuses, auxquels il manquait peut être une cohérence musicale. Tir rectifié avec le troisième disque enregistré cette année en compagnie des Canadiens Caravan Picnic. Trois excellents musiciens échoués à Valotte un peu par hasard – encore que, le bouche à oreille a, semble-t-il, bien fonctionné ! - et qui donnent à “ Froggy Times ” cette osmose qui faisait défaut hier. L'ensemble libère un folk-rock aérien nappé de petites histoires simples. Etonnante princesse qui, de sa voix fragile, parfois incertaine, nous ramène à l'essentiel avec une tendre innocence, à la manière des dessins de Gaston Chaissac ou des chansons de Jonathan Richman. Il faut entendre ces odes à l'amour, ces brèves de village, ces hymnes aux animaux, à la vie où l'espoir finit toujours par chasser la déprime. Derrière un regard clair et endurci, Princesse Mimi cache un coeur grand comme ça ! Ecoutez-le !