Marie-Dorothée

de Croÿ (Princesse Mimi)

Histoire

Poèmes

Chansons

Accueil

Festivals

Studio

le Manoir

Témoignages

Mon ange


J'étais un tout petit esprit, voguant, par-delà les nuages,
Quand soudain, je fus surpris, au cours de mon voyage,
Par l'arrivée d’un bien bel Ange, qui avait des ailes oranges,
Des pieds fins, de grands yeux bleus et de l’or dans les cheveux.

Viens, dit-il, et chevauche juste derrière mon aile gauche,
Il prit alors un grand envol, sans prononcer d’autres paroles.
A peine, fus-je embarqué, me cramponnant à mon attelage,
Qu'il descendit, en speed piqué, bien loin en-dessous des nuages.

Que pouvais-je faire, moi, petit esprit, si angoissé et si surpris,
Soudain, je fis la découverte, d’une grosse boule, toute bleue et verte.
C'est la terre, me dit l'ange, en déployant ses ailes oranges,
Pour atterrir en douceur sur le toit d'une vieille demeure.

Désormais, ici, tu restes, jusqu'à mon prochain retour,
Dans quatre vingt années terrestres, pleines de labeur et d'amour
Et dès l'envol, de mon bel Ange, je fus promptement incarné,
Tout enrubannée de langes, sous l'aspect d'un nouveau né.

Mes parents, de braves gens, me donnèrent le nom de Jean.
J'ai grandi, j'ai travaillé, j'ai bêtisé, mais j'ai aimé,
Grâce à l'Ange et son conseil, juste avant qu’il n’appareille,
Et mon épouse, aux cheveux d'ange, portait un grand foulard orange.

Autour de nous, gens de valeur, des méchants, quelques voleurs,
Après quatre vingt années terrestres, dédale de peines et de bonheurs.
Qui y a-t-il alors qui reste, une tombe, comme demeure.
Le corps usé, le cœur comblé, j'étais enfin, enfin tombé.

Fini, ma vie sur la terre. Mais outre tombe, mon esprit,
Plana sur le cimetière quand soudain, je fus surpris,
Par l’arrivée de mon bel ange aux longues ailes, toujours oranges,
Près de moi, il vint s’asseoir, dans la lumière, de ce beau soir.

Viens, dit-il, et chevauche, derrière mon aile gauche,
Dans un envol supersonique, tel un vaisseau cosmique,
Nous traversâmes tous les nuages, tant d'étoiles filantes,
Dans le ciel dansent et chantent, en éclairant notre passage.

Un froufrou d'ailes, au ralenti, et pile l'arrêt au paradis.
Tu as bien gagné ce lieu, ayant tout fait de ton mieux,
En sachant aussi aimer ; dans un vrombissement d'ailes,
L’Ange disparut, à tire d'aile.

Il était parti, mon Ange, pour un autre sauvetage,
Et un tourbillon orange, perça tous les nuages.